[BILAN 2016]: Les meilleures séries de l’année

2016 en neuf séries

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2016 fut illuminée par quelques très belles séries. De nouveaux héros, parfois éphémères, ont émergé dans divers univers bien connus du septième art et de la télévision. Mais sur ces voies balisées, il est toujours possible d’effectuer un pas de côté, en témoignent certains de nos choix. De l’épouvante, de la SF, du western (et même de la SF au Far West), des monstres, des gangsters…mais surtout nous, êtres-humains représentés jusque dans nos pires travers. Le miroir tendu à nos sociétés dans la fiction s’est peut-être avéré plus efficace du côté des séries qu’en salles obscures cette année. Voici les coups de cœur de nos spécialistes séries.

Orange is the New Black – Saison 4

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La vie dans la prison de Lichtfield continue et sait toujours divertir ses fans. La saison 4 d’Orange is the New Black était plus qu’attendue cette année grâce à l’arrivée massive de nouveaux personnages. S’éloignant toujours un peu plus de son personnage principal, Piper, les épisodes s’attardent sur les personnages secondaires et les aléas de la vie de prisonnière. Une nouvelle fois la série surprend par ses détours risqués mais réussis, et on en sort lessivé.

Outlander – Saison 2

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On quitte l’Écosse pour la France, le XVIe siècle pour le XXe siècle. Cette deuxième saison d’Outlander continue l’incroyable épopée de Jamie et Claire. Romance sur fond d’histoire écossaise, et fresque magnifique de la Cour de France de Louis XV, la saison 2 marque par son authenticité, des décors réalistes aux costumes minutieux, en passant par le jeu précis et juste de Caitriona Balfe.

Lady Dynamite – Saison 1

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Passée inaperçue en France, cette création originale Netflix est pourtant explosive ! Comique, grotesque, absurde, parfois même abstraite, difficile de définir clairement cette série. Et c’est de son genre indéterminé qu’elle tire toute sa force. Mélange loufoque entre le stand-up de Maria Bamford qui joue son propre rôle, et le mockumentary, Lady Dynamite subjugue et transporte dans un univers où le rire est plus fort que la dépression.

Stranger Things – Saison 1

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Probablement la série événement de l’année 2016, celle qui a fait le plus parler en tout cas…Et, on peut le dire, à raison. A la fin de l’été déjà, nous vous vantions la « fraîcheur old-school » qui se dégageait de ce récit mêlant science-fiction et épouvante nostalgiques. Nous étions charmés par la justesse du casting, par les détours conspirationnistes de l’intrigue, et nous étions agréablement surpris de voir combien la pop-culture et l’exigence artistique pouvaient cohabiter sur un média tel que Netflix. Quelques mois plus tard, alors que la vague Stranger Things s’est quelque peu retirée des médias, on constate néanmoins à quel point elle occupe toujours les esprits des amateurs de séries. Ceux-ci sont donc certainement à l’affut de la saison 2, annoncée pour le mois de février 2017. Plus longtemps à attendre, mais la barre est placée haut, et la deuxième saison est toujours un cap difficile à passer…(pas vrai, True Detective ?)

Better Call Saul – Saison 2

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Des séries qui déçoivent, il y en a. Des spin-off qui trahissent la série originale, il y en a beaucoup. Better Call Saul n’appartient à aucune de ces deux catégories. Et quand on sait à quel point Breaking Bad, la série d’origine, a été portée aux nues par les spectateurs mais aussi l’ensemble de la presse spécialisée, on comprend combien le défi était dur à relever. La première saison de Better Call Saul était certes réussie, mais on pouvait douter de la possibilité pour cette série d’exister sur le long terme sans rester dans l’ombre de sa mère et du charisme exceptionnel de Bryan Cranston. La saison 2 lève ce doute. Better Call Saul monte en puissance et s’impose comme une œuvre entière, à la fois fidèle à l’esprit de Breaking Bad et et forte d’une identité et d’enjeux autonomes. Bob Odenkirk, interprète du rôle titre, est évidemment pour beaucoup dans la réussite de ce projet, mais il faut surtout rendre hommage à Vince Gilligan, showrunner au talent immense. Ce dernier devrait d’ailleurs passer plus de temps derrière la caméra: les meilleurs épisodes sont ceux qu’il réalise lui-même.

Westworld – Saison 1

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Élégante série que voilà, aux ramifications plus pertinentes et intéressantes que ce que sa mécanique froide et précise laisse à suspecter dans les deux premiers épisodes. Certes, rien de révolutionnaire dans cette reprise de l’œuvre de Crichton, qui se nourrit aussi des grands piliers de la SF robotique en convoquant Asimov et K.Dick, Blade runner ou même Terminator. Westworld dispose d’une structure habile, d’un scénario rythmé tel un hoquet d’horloge, et d’un casting parfaitement impliqué. A ce titre, mention spéciale à Anthony Hopkins, qui se hisse à un niveau surprenant compte tenu de ses dernières performances en date. Soutenue par une direction artistique classieuse et une mise en scène ingénieuse, la série trouve patiemment sa vitesse de croisière, rassemblant petit à petit les pièces d’un puzzle éparpillées entre l’univers vertical et glacial des humains, et la prison horizontale et poussiéreuse des « hôtes ». Cependant, la richesse et l’intérêt de Westworld résident moins dans la trame narrative principale, qui se rapproche ironiquement des scénarios convenus livrés aux clients du parc, que dans des détails distillés avec précision, des petites « rêveries » parallèles qui font toute la différence. Prenante et ne s’égarant pas par des twists permanents, cette première saison joue au métronome avec le format série et l’espace cinématographique pour un résultat excellent. Face à un tableau aussi complet, reste désormais aux showrunners à bien négocier le périlleux virage de la deuxième saison dont quelques pistes sont esquissées malicieusement dans le final flamboyant de la série.

Black Mirror – Saison 3

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Société totalitaire et aseptisée par la course à la popularité et les réseaux sociaux; intrusion, exposition, atomisation de la vie privée; cyber-chantage et trolling absurde; transhumanisme rampant et cloud paradisiaque; résurgence eugéniste; réalité virtuelle et culpabilités bien réelles; haine anonyme, virale, numérisée; Big Data partout, tout le temps…Oui Black Mirror est bien de retour, revenue d’entre les limbes fictionnelles de la plus cinglante des manières ! La série anthologique qui fait la part belle aux dystopies inquiétantes et techno-envahissantes s’attaque avec une acuité et une justesse effrayantes non pas à un futur orwellien probable, mais à la tyrannie insidieuse déjà présente, parmi nous au quotidien. Six épisodes aux qualités filmiques très variables, mais qui frappent toujours avec précision aux points névralgiques des questionnements angoissés de la société contemporaine. Le discours général ne cible plus seulement la dépendance technologique mais bien le devenir de tout ce qui fonde l’Humanité depuis des milliers d’années. Une interrogation proprement métaphysique portée avec brio par l’anticipation et l’horreur, toujours présentes sous différentes formes. Black Mirror montre combien toutes les boites de Pandore sont déjà ouvertes. Au croisement de Twilight Zone, d’Au delà du réel et même des Contes de la crypte, Black Mirror s’impose encore une fois comme un incontournable de la SF fataliste (à défaut d’un terme plus approprié). Percutant et indispensable.

The Night Of – Saison 1

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Le jeune Naz Khan (Riz Ahmed) est accusé d’un meurtre sauvage dont il n’a que des souvenirs fragmentaires. Un avocat excentrique (John Turturro) assure un peu par hasard sa défense dans un procès qui dépasse très vite le cadre du simple fait divers. Une série uppercut qui met chaos en quelques épisodes seulement et qui laisse groggy, dans les cordes, jusqu’au dénouement. Ce n’est pas en mettant en lumière le système judiciaire et carcéral américain que le show assure son originalité et sa percussion, mais plutôt dans la profondeur du regard porté sur le sujet. Ainsi sont interrogés le rapport de la société à la vérité judiciaire, la transformation de la justice en une économie à part entière – qu’elle soit extérieure (avocats, médias) ou intérieure (économie parallèle des prisons) – et la tragédie ubuesque d’un système qui s’autoalimente en clients (les criminels ou les innocents forcés de le devenir) dans une inertie monstrueuse. Car la justice nous est bien présentée ici d’un bout à l’autre comme un ogre malade, affamé, avalant indistinctement les corps dans une machinerie implacable et infernale. Pour Naz, c’est passer de la théorie du chaos dans le premier épisode, au Procès de Kafka dans tout le reste de la saison. Tomber de Charybde en Scylla. Partant de là, toute la chaîne logique, des causes à leurs conséquences, du poste de police à la cellule de Ryker island et aux larges répercussions sur l’environnement des personnages, sont ainsi minutieusement décortiquées sans pourtant alourdir un rythme saisissant. La série bénéficie aussi de deux acteurs qui donnent tout. Le jeune Riz Ahmed, époustouflant, dont on suit la transformation physique et mentale au gré de sa plongée en enfer, produit une performance inattendue, fort d’un jeu intense et varié. Face à lui, un vétéran: le grand John Tuturro, bien trop rare ces derniers temps, qui porte au travers de son personnage de Jack Stone toute la charge symbolique de The night Of. Sorte de Saul Goodman fatigué, l’avocat désabusé est littéralement gangréné par sa conscience tout au long de la série, renvoyant l’image d’une justice aux effets corrosifs. Turturro excelle dans chaque plan, chaque séquence de chaque épisode, renforçant l’ampleur et le poids de l’ensemble. L’une des prestations de l’année, univers séries et cinéma confondus. Jetez un œil à l’engrenage exceptionnel de The night Of, c’est s’exposer à une hypnose toujours plus intense au fil des épisodes. C’est aussi se confronter à la captivité sous toute ses formes: mentale, sociale, économique, et même philosophique, plus encore que celle matérialisée par les barreaux ou les menottes.

Peaky Blinders – Saison 3

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Tommy, Arthur, Polly, Michael, John, Ada et les autres sont de retour dans ce qui reste un sommet de la série sur les gangsters de Birmingham. Autour d’un récit très dense, à la limite permanente de la surcharge, mêlant comme dans les précédentes saisons des enjeux intimes, familiaux et historiques (implication des Russes blancs, de la Section D du gouvernement britannique…), on retrouve les aventures de la famille Shelby offertes dans un écrin superbe. Visuellement le show amplifie la patine twenties qui le hisse au rang des plus belles productions récentes sur cette époque et ce thème (dans le sillage de Gangs of New York, Les Sentiers de la Perdition, ou encore Boardwalk Empire). Un véritable plaisir pour les yeux. C’est ensuite le rythme qui convainc dès les premiers épisodes, arrivant à dynamiser les épisodes par l’énergie des différents protagonistes, qu’il s’agisse de la nervosité d’Arthur, de la placidité feinte de Tommy ou du charme calculé de Polly. Il est d’ailleurs impressionnant que tous les personnages de la série, sans exception, soient aussi bien écrits et trouvent avec tant de naturel leur place dans l’architecture narrative. C’est une qualité immense de cette troisième saison, indéniablement. L’ambiguïté, l’ambivalence permanente et la frontière toujours floue entre le bien et le mal structurent le jeu d’un casting toujours plus impliqué, aux premiers rangs desquels Cillian Murphy (Tommy), Paul Anderson (Arthur) et Helen McCrory (Polly) livrent chacun une partition phénoménale, tirant sans relâche le meilleur de ces personnages. Mentionnons enfin la couverture musicale orgasmique dont nous gratifient les Peaky Blinders. Nick Cave, Tom Waits ou encore les White Stripes (entre autres) confèrent à la série un habillage sonore dont les mélodies rock et les voix rauques s’accordent parfaitement avec les senteurs de whisky. Une orgie pour les oreilles. On l’aura compris, on peut une nouvelle fois s’inviter sans hésitation chez les Shelby tant cette saison apparait sinon comme la plus aboutie, en tout cas comme la plus passionnante de la saga des Peaky Blinders.

Textes d’Angélique Dreillard, Jordan Morisseau et Kévin Ruiz

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