REVIEW: Corniche Kennedy, de Dominique Cabrera

Corniche Kennedy

[mistral gagnant]

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Marseille, l’été. Depuis leur plus jeune enfance, une bande de copains s’amusent à plonger du haut d’une des corniches de la ville. Sauter tête la première et vivre sa vie à cent à l’heure sans se soucier de l’avenir ni des conséquences font partie du quotidien de ceux que la société semble avoir laissés de côté… Et puis un jour débarque Suzanne, jeune bourgeoise scolarisée à Marseille, bien décidée à envoyer valser toutes ses obligations et à plonger elle aussi, tête la première. Exit le bac de français et Madame Bovary, place aux sensations pures, à l’amour et à la peur…

Adapté d’un roman de Maylis de Kerangal (qui, après l’adaptation cinématographique de Réparer les vivants a décidément le vent en poupe), Corniche Kenney était présenté hier soir en avant-première au Poitiers Film Festival, accompagné d’une partie de l’équipe. Le film, dont la réalisatrice a cosigné le scénario, est le résultat d’une série d’ateliers menée en collaboration avec des adolescents de Marseille qui interprètent ici leur propre rôle. Les nerfs à fleur de peau et le débit de parole mitraillant, ces jeunes sont une belle révélation, un vent de fraicheur que l’on souhaite voir souffler sur le reste du cinéma français. À leurs côtés se trouve Lola Créton (vingt-deux ans et déjà une dizaine de films au compteur, une sélection lui était consacrée pour le festival), qui prête sa silhouette adolescente à Suzanne, dont le courage finira par prendre le pas sur la peur du vide. Un vide qui va bien entendu au-delà de la vue vertigineuse de la corniche, qui surplombe chacune des scènes et finit par devenir la métaphore de cet âge de tous les possibles et de tous les excès, où l’on saute dans l’inconnu sans se soucier de l’atterrissage. Ce qui commence comme un film de vacances ensoleillé finit par se transformer en polar sombre où les amours juvéniles sont vite absorbées par une histoire de drogue et de vengeance. Dans ce cadre où la mort rôde, les couples se font et se défont, constamment tiraillés entre deux quêtes: celle de l’apparence, et celle d’une existence exaltée. Un drame existentiel donc, qui interroge cette étrange période qu’est l’adolescence, où la mort finit ici par s’apprivoiser.

Alban Couteau

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