[FESTIVAL] Poitiers 2016: Premiers coups de cœur

Poitiers Film Festival 2016

[premiers coups de cœur]

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Avec dix sélections de cinq films, difficile pour nous de vous faire un retour sur l’ensemble des courts et moyens métrages retenus pour cette nouvelle édition. Toutefois, voici les quatre coups de cœur de Théo Martineaud, issus de la première journée de compétition (sélections 1 à 4).

Sélection 1

Adaptation, Bartosz Kruhlik (Pologne)

Le premier tour de force remarquable de cette sélection est le film Adaptation, de Bartosz Kruhlik, sorti des studios de la Lods Film School en Pologne. Dans ce court-métrage de vingt-cinq minutes, un jeune homme tente de survivre à la mort de son frère décédé dans un accident de voiture. Alors que sa famille lui reproche la mort de son frère, le jeune cinéaste construit patiemment son intrigue, égrainant les indices avec minutie. L’alliance des cadres aux compositions puissantes et de l’âpreté du jeu des acteurs fait monter la tension au sein du film, exerçant une pression qui repousse progressivement toutes les échappatoires et les lignes de fuites, nous enfermant en même temps dans le deuil familial. Un film maitrisé de bout en bout.

4

Peacock, Ondřej Hudeček (République Tchèque)

Dans ce film Tchèque de vingt-six minutes, nous suivons la jeunesse de l’auteur et dramaturge tchèque Ladislav Stroupežnický. Le film nous embarque dans le secret d’une histoire taboue et de l’errance romantique de l’auteur. A partir de cette attente littéraire et sérieuse produite par le début du film, le réalisateur s’amuse à briser les clichés et à jouer les iconoclastes. Cependant les lettres sont présentes et le travail graphique des images nous le rappelle sans cesse, des pointillés tracés sur l’image à l’aspect pictural des plans larges. Ce goût pour le travail du cadre (parfois malmené, en témoigne la perturbation de la symétrie et des lignes de fuite au cours de quelques scènes cocasses) met en évidence une influence américaine, tout particulièrement celle de Wes Anderson. Tout cet univers à la fois historique et son traitement qui lorgne vers l’onirisme nous donnent envie de lire l’auteur et de voir d’autres films de ce jeune réalisateur sortant de l’académie du film de Prague (FAMU).

1

Sélection 2

The Wedding, Sebastian Mayr (Autriche)

Au mariage de sa sœur, Mark a les pieds à coté de ses pompes. Il a raté sa vocation de photographe et a abandonné sa thèse sans prévenir sa famille. Mais il doit faire bonne figure entre les convives et son ex-petite amie. Le genre du film de mariage qui tourne mal est aujourd’hui un lieu commun…toutefois, Sebastian Mayr maîtrise parfaitement son moyen métrage (quarante-trois minutes), porté par des acteurs justes et une réalisation assez fine. Nul désir d’étaler sa science cinématographique par la mise en scène : la photographie prend en charge la quête du plan parfait. Avec son idée scénarisée d’opposition entre l’image fixe et l’image mouvante, le réalisateur parvient à réinterroger le rapport entre figure privée et figure publique, donnant lieu à quelques scènes assez drôles tout en révélant les petits mensonges qui lient chaque famille à son personnage principal, simple et touchant.

2

Sélection 3

Au loin, Baltimore, Lola Quivoron (France)

Dans une cité française, une bande de jeunes s’amusent en moto à faire du wheeling dans les rues. Alors que sa bécane commence à fumer, Akro rentre chez lui pour réparer sa panne. Une fois arrivé dans l’appartement familial, Akro doit réparer son bolide mais aussi s’occuper de son petit frère qui essaie tant bien que mal de passer le temps, alors que son père dort profondément et qu’il n’arrive pas à le réveiller. Il s’agit alors de réparer la mécanique familiale, et les gestes techniques se substituent aux gestes humains. Dans ce court métrage (vingt-six minutes), Lola Quivoron (élève de la Fémis) tient un sujet qu’elle ne lâche pas, et relègue au second plan les stéréotypes et les clichés que suggère le sujet de départ. Des gestes mécaniques aux gestes fraternels, le film est submergé par la force de ce lien qui se noue à l’ombre de l’absence du père et révèle une certaine tendresse dans la beauté nocturne d’une ville éclairée, que le vrombissement des moteurs n’étouffe aucunement.

get-do

Théo Martineaud

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