TOP 10 : Cinéma & onirisme

TOP 10 DES PLUS BELLES EXPÉRIENCES ONIRIQUES DU SEPTIÈME ART

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Que se cache-t-il derrière ce concept accroché tel une étiquette à l’image du rêve ? Comment interpréter ce terme employé de façon si récurrente pour désigner l’insaisissable spectacle produit par notre subconscient ? L’onirisme a régulièrement rencontré la pellicule au cours de l’histoire du cinéma, invitant ce dernier à se transformer, à faire voler en éclat les règles de mise en scène et d’écriture afin de s’aventurer au cœur des zones les plus mystérieuses de la psyché humaine. Fantasmer la possible représentation du rêve et du cauchemar, comme de l’hallucination et des plus délirantes visions; arracher à l’inconscient la part de poésie qui nous échappe une fois que la conscience nous a regagnés: telles sont les missions impossibles que se donnent ces œuvres. S’il est aussi hasardeux qu’excitant de poser des mots sur ces merveilleuses fulgurances de l’esprit, le cinéma s’évertue avec le même enthousiasme à lui assigner des images et des sons. Cet échantillon de films traduit par son éclectisme la vaste étendue du champ de possibles qui s’esquisse au-delà de cette énigmatique notion.

TOP 10

 

  1. Peur(s) du noir, Collectif

Peur(s) du noir, dessin animé fortement déconseillé aux enfants, est le fruit d’une collaboration entre six auteurs qui signent ici leur première réalisation cinématographique. Charles Burns, Blutch ou encore Marie Caillou, tous prêtent leur coup de crayon singulier à la création d’un univers glauque et oppressant dans lequel les cauchemars prennent le pas sur la réalité. Le film est structuré autour de six séquences qui illustrent chacune d’elles un cauchemar différent. L’utilisation splendide du noir et blanc permet de créer des zones d’ombres angoissantes, propices à toutes les fantasmagories du spectateur…

  1. Paperhouse, Bernard Rose

Subtil mélange entre le film d’aventure pour enfants et le thriller horrifique (oui oui), Paperhouse de Bernard Rose fait office de figure de proue de la bizarrerie cinématographique. Anne, une jeune fille introvertie, découvre qu’elle peut rentrer dans le monde qu’elle dessine. Commence alors pour elle un voyage aux confins de l’imaginaire…Teinté d’un onirisme bucolique qui inspirera Terry Gilliam pour Tideland, le film se singularise par son traitement esthétique et l’originalité de son scénario. Bienvenue dans un monde imprévisible, dans lequel les plus beaux des rêves peuvent vite se transformer en cauchemars.

  1. La science des rêves, Michel Gondry

Si tous les films de Michel Gondry sont imprégnés d’une atmosphère de rêve particulièrement réussie, La science des rêves est toutefois celui dans lequel l’esthétique onirique est la plus remarquable. On y suit les péripéties de Stéphane Miroux, sorte de double de Gondry, qui a bien du mal à faire la distinction entre ses rêves et la réalité. Les visions de Stéphane sont l’occasion pour Gondry de démontrer tout son savoir-faire en matière d’animation et d’inventivité bricolée. Film touchant et poétique, La science des rêves développe un univers singulier, dans lequel les rêves sont faits à base de papier cartonné et de ficelles.

  1. Dreamscape, Joseph Ruben

Alex, jeune homme criblé de dettes, se voit proposer par une société secrète une mission d’un genre nouveau : infiltrer les rêves d’un petit garçon et le débarrasser de ses cauchemars. Cette machine à pénétrer les rêves n’est pas sans attirer les convoitises d’un groupe d’hommes d’affaires qui compte bien l’utiliser à des fins lucratives. Si l’histoire peut vous sembler familière, c’est probablement parce que le concept d’infiltration des rêves a été récemment exploité dans Inception de Christopher Nolan. Si Dreamscape ne bénéficie ni du même budget ni de la même efficacité que son homologue contemporain, il n’en demeure pas moins un thriller fantastique parfaitement honnête qui sent bon les années 80. Qui a dit que kitsch et onirisme étaient incompatibles ?

  1. Donnie Darko, Richard Kelly

Non content de livrer une critique grinçante de la « gueule de bois de l’Amérique » du haut de ses vingt-cinq ans (en guise de premier film !), Richard Kelly se retrouve dans notre top comme une preuve que l’onirisme n’apparait pas que dans le monde lointain du rêve. L’étrangeté des visions auxquelles Donnie fait face surviennent de jour comme de nuit, la frontière entre éveil et sommeil étant plus que jamais brouillée pour laisser place à une grande hallucination générale ouvrant les portes d’un univers parallèle en contact avec celui, si confortable, de notre existence terrestre. Égaré quelque part entre ces deux mondes, Donnie Darko s’offre à nous tel le rapport d’un somnambule au subconscient aventureux.

  1. Les griffes de la nuit, Wes Craven

Hors de question d’envisager un top sur les meilleurs films oniriques sans évoquer le maître absolu de tous les cauchemars, le démoniaque Freddy Krueger ! Serial-killer fantôme qui a marqué de sa célèbre griffe le genre horrifique, Freddy attend sagement que vous soyez parti au pays des rêves pour mieux vous assassiner. En 1984, Wes Craven invente le concept génial d’un meurtrier qui a la capacité de s’infiltrer dans vos rêves. Le film, qui donnera lieu à de multiples suites plus ou moins réussies, bouleverse les codes du slasher classique en l’imprégnant d’une ambiance à l’onirisme cauchemardesque. Surtout, ne fermez pas les yeux !

  1. La clepsydre, Wojciech Has

Attention, chef d’œuvre. Abandonnez toutes vos certitudes et préparez-vous pour un voyage en terre inconnue qui risque de marquer durablement votre mémoire de cinéphile. Film inracontable, La clepsydre est un roadmovie onirique, une balade dans un labyrinthe mémoriel dans lequel on prend plaisir à se perdre. Les images surréalistes se succèdent, créant ainsi la mosaïque d’un univers flamboyant au charme vénéneux. Un rêve étrange et pénétrant à faire les yeux grands ouverts et les sens en alerte. Avec Wojciech Has, les cauchemars n’ont jamais été aussi beaux.

  1. Rêves, Akira Kurosawa

Véritable film-testament, ce recueil de songes personnels mis en images par le géant japonais n’est pas une œuvre onirique. Il incarne image après image l’onirisme même. Saisissant la matière brute qui compose les rêves, entre angoisse et beauté surnaturelle, des sommets les plus glacés de l’âme au tunnel le plus sombre de la conscience. Kurosawa y dévoile magistralement une dernière fois ce qui le poursuivit toute sa vie : le rapport inquiet de l’homme à la Nature et à sa propre nature mortifère. Huit poèmes visuels fous de couleurs et de gestes précis, d’audace lyrique où les esprits côtoient les démons d’une vie d’homme. Avec toujours au plus près des émotions la somme des éléments naturels : la pluie, le vent, la boue, la neige, l’herbe grasse ou la terre sèche, l’animal ou le verger, moins décors que personnages, moins habitat de l’Homme que sa principale condition d’existence et de survie. Et lorsque les couleurs de Van Gogh épousent celles du cadre alors Kurosawa nous livre sa dernière, et peut être depuis le début seule certitude, l’Homme n’a de place ici bas qu’en acceptant de n’être qu’une couleur du monde parmi tant d’autres.

  1. Valérie au pays des merveilles, Jaromil Jires

Tout comme La clepsydre, le film de Jaromil Jires ne se contente pas d’utiliser le thème de l’onirisme, mais développe une narration qui emprunte au rêve. Valérie, jeune fille de 13 ans, vit dans un gigantesque rêve permanent dans lequel des prêtres et autres vampires cherchent à la séduire. La haute teneur érotique du film (nous sommes alors à l’aube de la révolution sexuelle), alliée à une succession de séquences toutes plus surréalistes les unes que les autres, donne lieu à un objet étrange et fascinant. La narration classique se dérobe au profit d’un enchaînement d’images hypnotiques et irréelles rappelant les plus belles heures de Jodorowsky.

  1. Mulholland Drive, David Lynch

  Drame, thriller, film-puzzle aussi cérébral qu’émotionnel…avec Mulholland Drive,  David Lynch joue comme souvent sur des genres et des registres multiples. Et comme souvent avec l’auteur de Lost Highway, l’onirisme est un élément essentiel dans l’appréhension du récit. Film complexe s’il en est, Mulholland Drive n’a pourtant pas pour unique vocation d’être analysé, interprété ou expliqué. Il a aussi, et surtout, vocation à être vécu. Et à cet égard, l’expérience s’avère totale. L’émotion emportera le spectateur qui, s’il accepte de s’abandonner à ce voyage entre actuel et virtuel sans précédent, vivra une épreuve unique: deux heures et demi d’apnée, de bouleversements intellectuels et sensoriels, orchestrés par un réalisateur au sommet de son art. Un film où la réalité, le rêve et le fantasme s’entremêlent grâce à un scénario et une mise en scène pleinement dévoués à l’exploration du champ de possibles qu’ouvrent les méandres du subconscient. S’il est certain que l’on ne peut affirmer connaitre Lynch sans avoir fait l’expérience de Mulholland Drive, on peut également se demander si l’on a éprouvé toutes les nuances du septième art du XXIème siècle sans s’être confronté à ce film qui demeure l’un des plus grands chocs cinématographiques des années 2000.

Textes d’Alban Couteau, Thomas Manceau, Jordan Morisseau et Kévin Ruiz

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