REVIEW: Batman V Superman, de Zack Snyder

Batman V Superman: L’aube de la Justice

[rien sous la cape]

batman-v-superman-aube-justice_6rzz

Deux heures et demi durant, Zack Snyder tente de toutes ses forces de dissimuler la vacuité de son dernier long-métrage. Dans sa trop évidente quête de grandeur, le réalisateur de Watchmen oublie l’essentiel de ce que l’on attendait de cet affrontement: le spectacle. Le problème étant que le film ne brille pas plus par son écriture que par sa mise en scène.

Le scénario terriblement verbeux de David S. Goyer et Chris Terrio n’est pas seulement boursoufflé: derrière son étalage de références culturelles ostentatoires et sous l’amas de dialogues en toc qui s’abat sur le spectateur, le duo de scénaristes se casse la figure sur des incohérences monstrueuses et se permet des raccourcis énormes qui rendent certaines séquences au mieux risibles, au pire incompréhensibles (voire l’effronterie de la séquence au cours de laquelle Batman se voit révéler les clés de l’intrigue dans un rêve, par un personnage sorti de nulle part).

Screenshot_2015-12-03_00.07.22.0.0-1200x675

S’asseyant confortablement sur la mine d’or que constituaient l’histoire originale et la richesse de ses sous-textes sociologiques, ces auteurs paresseux livrent un script sans queue ni tête mais ne sont par ailleurs pas aidés par Zack Snyder, dont la mise en scène peine à trouver grâce aux yeux du spectateur. Si Man of Steel ne volait pas bien haut, sa dernière demi-heure affichait un parti-pris artistique percutant, en faisant fuser ses super-héros dans des séquences aériennes aux mouvements inédits. Rien dans Batman V Superman ne parvient à surprendre, certaines scènes étant même filmées avec les pieds, à l’instar de l’interminable première course en Batmobile. Les quelques belles images du film – la séquence d’introduction et l’escapade spatiale de Superman – sont noyées dans un ensemble brouillon et sans fulgurances.

Même du côté de la direction artistique qui a souvent fait briller les films de Zack Snyder, le film est à court de proposition. Ultime bras d’honneur: Metropolis et Gotham devenues villes voisines sont privées de leurs singularités, baignées dans une atmosphère pesante de laquelle le film ne s’extirpe jamais vraiment, bridé par le sérieux de son auteur ennuyeux. C’est cependant dans sa noirceur que le film renferme peut-être son seul véritable atout, le Batman résistant et impassible de Ben Affleck, apportant un contrepoint essentiel à la psychologie mièvre de son antagoniste Kryptonien et aux cabotinages insupportables d’un Jesse Eisenberg qui tourne à vide dans le rôle de Lex Luthor. Cela n’empêche pas le film de gâcher la fête en réconciliant les deux personnages à l’issue d’un combat pauvret qui s’achève sur un sommet de bêtise, reliant les deux héros par une coïncidence anecdotique qui n’aurait pas suffi à résoudre l’intrigue du pire des navets d’action. Ratage complet pour Zack Snyder qui s’étale jusque sur des terrains bien connus qui ne suffisent apparemment plus au talentueux entertainer qu’il fut.

Thomas Manceau

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s