A VOS PLUMES: Arnaud G. et « Edward aux mains d’argent »

A vos plumes ! est une rubrique que l’on ouvre à nos lecteurs afin qu’ils partagent avec nous leurs souvenirs et leurs coups de cœur…Une sorte de livre d’or cinéphile que chacun d’entre vous est invité à signer ! Pour ce faire, contactez-nous via la page Facebook de Screen Chronicles. A vos plumes !

Aujourd’hui, Arnaud Glad se rappelle…

Edward aux mains d’argent, de Tim Burton

Edward1

Mon premier visionnage d’Edward aux mains d’argent, alors que je n’avais que 9 ans, ne m’a laissé qu’un vague souvenir. Je me rappelle seulement d’un mélange de fascination et de dégout. Ce n’est que quelques années plus tard, une fois ma puberté engagée, que le second visionnage a eu lieu.

Cette fois, je compris tout de suite le sentiment de fascination que j’avais pu éprouver à l’égard de ce personnage qu’est Edward. Une machine d’apparence humaine à qui la vie a été insufflée. Un homme nouveau et vierge de tout mal dont l’envie de découvrir et de créer était intarissable. Il était maladroit, il était drôle, et, par dessus tout d’une innocence si pure qu’elle en était presque irréaliste. Le voilà alors confronté à un monde admiratif s’appropriant tous ses bienfaits, l’exhibant, profitant de son don afin de rendre leurs vies pittoresques plus attrayantes. Edward grandit, se développe en même temps  qu’il crée ses œuvres. Les personnes qu’il croise prennent sans donner mais lui permettent de se découvrir.

Vient ensuite le temps de l’entredeux. Ce passage où je ne comprenais pas pourquoi j’avais pu éprouver un tel malaise quelques années auparavant. Cette incompréhension subsista jusqu’à la séquence du cambriolage. Une séquence où Edward est utilisé comme « outil » par le petit-ami de Kim, jeune ado dont il est amoureux, afin de voler son propre père. Cette tentative se terminera par l’arrestation d’Edward. Cette scène me laissa un goût amer dans la bouche. Sentiment qui persista jusqu’à l’instant où Edward fait éclater toute la sincérité de son amour. En effet, il n’a pas été aveuglé par sa confiance irraisonnée envers les autres, il a tout simplement trouvé quelqu’un en qui croire, une personne qu’il pourra suivre à tout jamais !

Et alors que le sentiment de malaise s’était effacé, le voici qui revient à la charge. A ce moment, il est encore possible de faire marche arrière mais pourtant tout se détruit, se désagrège pour laisser place à la colère, au mépris de l’autre, à la destruction et à la méchanceté. Tout prend sens. La fâcheuse tendance de l’homme à rejeter ce qui est différent, à détruire ce qu’il crée. Et ce cauchemar continue jusqu’à nous engloutir, ravageant tout sur son passage, faisant ressortir l’injustice de notre monde. Monde allant jusqu’à faire d’un homme à l’innocence sans égale, un assassin. Seul l’amour reste, un amour insatisfait, un amour touché du bout des lèvres sans jamais être vraiment vécu, laissant le sentiment d’injustice bien présent.

Et voilà, le film est fini. Je reste sans voix face à un écran noir.

Je ne me lasserai jamais de voir et revoir ce merveilleux film dirigé par un Tim Burton au sommet de son art. Et cela en sachant pertinemment que la vision de ce finale, avec ce personnage gothique et ses ciseaux virevoltant sur la glace, me laissera toujours avec le même sentiment que celui éprouvé lors de mes 9 ans.

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