REVIEW: The Boy, de William Brent Bell

The Boy

[torse-poil]

The Boy 1

Réalisé par le presque inconnu William Brent Bell (Devil Inside), The Boy raconte comment Greta, une jeune américaine tentant d’échapper à son violent ex-petit-ami, se fait embaucher comme baby-sitter dans le manoir d’un couple de sexagénaires en Angleterre. A son arrivée, la jeune femme découvre avec stupeur qu’on lui demande de s’occuper…d’une poupée.

Passée la banale demi-heure d’introduction – visite de la maison inexplicablement déserte et silencieuse, rencontre des inquiétants maîtres des lieux et du jeune homme qui à coup sûr sauvera la demoiselle en fin de film -, le personnage principal est rapidement confronté à quelques événements inquiétants: « l’enfant-poupée » Brahms se déplace lorsque sa nourrice a le dos tourné, la réveille en pleurs la nuit et lui dérobe même quelques objets. Malgré une mise en scène sans fulgurances et un travail de photographie inégal, le film tient jusqu’ici debout.

Cependant, incapable de broder une intrigue séduisante autour de son pitch fantastique, The Boy se casse finalement la figure pendant l’heure restante, subissant les idées désastreuses et improbables d’un scénario ridicule. Par un surprenant besoin de rationaliser le récit, la scénariste Stacey Menear tire un trait sur le premier tiers de son script et place tous ses espoirs dans un twist très bête, qui met fin au mystère et rejette la piste du surnaturel au profit d’une conclusion à la limite de l’incompréhensible. Irrécupérable, le scénario n’est jamais sauvé par son réalisateur – voir le montage épileptique des flashbacks et l’affreuse scène de suicide – ni par ses acteurs, traînant sans conviction les boulets de personnages qu’on leur a attribués.

Alors que 2015 avait offert quelques lueurs d’espoir (It follows, The Visit…) concernant un genre remodelé depuis des années par un public de consommateurs sans discernement, The Boy est un nouvel exemple de négligence et de mépris du spectateur, qui enterre encore un peu plus l’héritage d’une communauté de cinéphiles qui avaient droit, jusque dans les années 80, à un cinéma d’épouvante représenté par de vrais metteurs en scène au service de scénarios ingénieux. La dictature du jumpscare et du gore gratuit, qui se partagent la part principale de ce qui reste de l’horreur, est le constat navrant que les producteurs incultes qui financent tous ces navets trouvent encore preneurs.

The Boy se situe au plus profond du gouffre de nullité dans lequel plongent la plupart des films étiquetés « horreur » au 21ème siècle. Non seulement incapable de procurer le moindre frisson, le film échoue sur tous les plans, jusque dans les domaines où l’épouvante a souvent excellé, tels que la conception des costumes. Le ridicule atteint son paroxysme lorsque l’entité prend forme humaine, arborant un torse à la pilosité surprenante – malaise du contraste avec la voix d’enfant – et une barbe à peine dissimulée derrière un vulgaire masque en porcelaine rappelant vaguement celui de Jason Voorhees. Invincible pendant dix minutes, éliminé d’un coup de tournevis en dix secondes, ce personnage d’enfant-tueur est à l’image du film entier: invraisemblable et pathétique. Un ratage des plus complet, à éviter à tout prix.

Thomas Manceau

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