DOSSIER: Bilan ciné de l’année 2015

INSIDE OUT

Une autre émotion

En décembre 2014, deux films dits « émotionnels » couronnaient le top de fin d’année: Mommy de Xavier Dolan, et Her de Spike Jonze.

L’émotion créée par les deux œuvres qui se retrouvent aux premières places du classement de cette année est différente. Elle vient moins des films en eux-mêmes que de ce qu’ils représentent pour leurs auteurs. Il y a d’abord le beau film accidenté de Larry Clark, The Smell of Us, qui passerait aussi bien pour une évolution de son cinéma que pour le testament d’un artiste signant son ultime chef d’œuvre. Puis, comment ne pas mettre à l’honneur le film d’Apichatpong Weerasethakul, qui fait ses adieux à son pays natal avec le magnifique Cemetery of Splendour ?

C’est ce sentiment d’adieu et la perspective d’une transition qui rapprochent les deux films et leur confèrent une profondeur bouleversante.

Par ailleurs, un autre grand cinéaste introspectif aura livré un des films les plus émouvants de 2015. Il s’agit de Nanni Moretti, qui tourne sa caméra en direction de ses souvenirs et offre un rôle merveilleux à Margherita Buy dans Mia Madre.

Les auteurs américains

Si ce top contient quelques films très intéressants, l’année 2015 aura été assez timide, avec notamment une sélection cannoise peu inspirante, et un cinéma d’auteur américain quelque peu discret – attendons toutefois l’arrivée en France des futurs oscarisés. Il est cependant impensable pour moi de ne pas mentionner l’immense et glacial Foxcatcher de Bennett Miller, ou encore l’halluciné Inherent Vice de Paul Thomas Anderson. Spielberg livre aussi un grand film, Le Pont des Espions, qui s’inscrit dans la lignée de son précédent coup de maître (Lincoln, 2013).

Les casses-cou

Plus controversé, Le Fils de Saul trouve également sa place pour son audace et la réponse intelligente qu’il apporte à un débat historique majeur concernant la représentation cinématographique. Valérie Donzelli joue elle aussi dans la cour des cinéastes casse-cou avec son dernier film très curieux et personnel: Marguerite et Julien. Elle est accompagnée de trois autres metteurs en scène français: Quentin Dupieux (Réalité), Arnaud Desplechin (Trois souvenirs de ma jeunesse) et Philippe Garrel (L’Ombre des femmes), livrant chacun un film hors-norme, car en provenance directe d’un univers bien à eux dans lequel ils puisent des éléments de signature transposés d’un film à l’autre.

Blockbustyear

Pour revenir à ce qui s’est passé outre-Atlantique cette année, ce sont finalement les blockbusters qui tirent le mieux leur épingle du jeu. De la fuite en avant de Mad Max: Fury Road à l’approche nostalgique de Star Wars 7 et Jurassic World, Hollywood a prouvé qu’il se souciait de ses spectateurs en propulsant des films inter-générationnels très réussis au-delà des machines formatées et exclusives (Avengers, James Bond…) qui ronronnent en tête du box-office depuis quelques années. Pixar s’est aussi magnifiquement illustré en sortant deux très beaux films, Vice Versa et Le Voyage d’Arlo, brillant chacun pour des qualités distinctes.

Terreurs sur toiles

Enfin, 2015 aura brillamment répondu à mon triste bilan dressé sur le cinéma d’horreur en début d’année, avec quatre films d’épouvante costauds, rafraîchissants, parfois même observateurs. On jette notre dévolu sur le retour de Shyamalan, mais on aurait très bien pu citer le malin Unfriended de Levan Gabriadze, ou encore le déroutant It Follows de David Robert Mitchell.

Bilan

En somme, si l’année 2015 n’était pas particulièrement un grand cru, on pourrait la placer sous le signe de l’espoir. L’espoir que représentent le retour au meilleur niveau de grands cinéastes, le succès de films grand public d’excellente facture et le sursaut d’un cinéma de genre que l’on croyait presque éteint.

En attendant de nous pencher sur ce que réserve 2016, voici le top 15 Screen Chronicles des meilleurs films de l’année:

15. Trois souvenirs de ma jeunesse, Arnaud Desplechin

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14. Marguerite et Julien, Valérie Donzelli

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13. Star Wars: Le Réveil de la Force, JJ Abrams

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12. L’Ombre des femmes, Philippe Garrel

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11. Le Pont des Espions, Steven Spielberg

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10. Mad Max: Fury Road, George Miller

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9. The Visit, M. Night Shyamalan

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8. Vice Versa, Pete Docter et Ronnie del Carmen

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7. Le Fils de Saul, László Nemes

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6. Réalité, Quentin Dupieux

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5. Inherent Vice, Paul Thomas Anderson

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4. Mia Madre, Nanni Moretti

mia madre

3. Foxcatcher, Bennett Miller

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2. Cemetery of Splendour, Apichatpong Weerasethakul

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1. The Smell of Us, Larry Clark

the smell of us

Thomas Manceau, pour Screen Chronicles

 

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