REVIEW: La Vie très privée de Monsieur Sim, de Michel Leclerc

La Vie très privée de Monsieur Sim

[Pignon déprime]

la-vie-tres-privee-de-monsieur-sim_5484142

La vie très privée de Monsieur Sim est le quatrième long-métrage de Michel Leclerc, précédé par Télé gaucho (2012), Le Nom des gens (2010) et J’invente rien (2006). Dans cette comédie dramatique empruntant des détours psychanalytiques, Jean-Pierre Bacri incarne un vendeur engagé pour faire la promotion d’une marque de brosses à dents révolutionnaire à travers toute la France. Un personnage à deux faces, comme le film qui se décline en deux axes distincts et inégalement traités.

Dès les premières minutes du film, Bacri rejoue le légendaire casse-pied François Pignon, personnage comique insupportable pour les autres protagonistes, paradoxalement altruiste et asocial. Si François Sim n’a aucun intérêt particulier dans la vie, il a toujours quelque chose à raconter. On croit d’abord au récit d’une vie fantasmée, ou du moins fictionnalisée, avant de comprendre progressivement le mode de fonctionnement de cet esprit singulier, qui attache une importance particulière aux événements du quotidien et à quelques souvenirs a priori anodins, dont on comprend l’impact à mesure que le film avance. Dans la première partie -plutôt comique- du film, Michel Leclerc développe une intrigue de comédie sympathique, réservant quelques situations cocasses basées sur la personnalité instable de Sim, et la drôle de mission qui lui est confiée.

Dans sa seconde moitié plus sérieuse, le film s’enfonce dans les méandres d’un récit introspectif bien moins habile, composé de morceaux de vie passée -celle du père de François Sim, qui éclaire sur l’état mental de son fils- et de brèves conversations avec un personnage secondaire sous-exploité (Samuel, interprété par Mathieu Amalric). Si ce ton grave survenant dans la comédie était bienvenu, c’est un souci de rythme et de cohérence qui gâche la fête, le film introduisant vulgairement les figures de ses flashbacks qui prennent brusquement le pas sur l’intrigue principale. Les personnages de Vincent Lacoste et Félix Moati n’interviennent que comme pièces manquantes d’un puzzle finalement assez simple et évident. L’échec partiel du film tient donc à un virage mal négocié vers l’approfondissement de la psychologie des personnages qui, en subissant la volonté du réalisateur de faire plus qu’un bon divertissement, sombrent dans un abîme de pathos glacial qui paralyse ce qui s’annonçait comme une excellente comédie.

Reste la très belle performance de Jean-Pierre Bacri, sur qui repose tout le potentiel du film.

Thomas Manceau

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s