REVIEW: Star Wars Ep. 7, de JJ Abrams

Star Wars Ep. VII: Le Réveil de la Force

[un nouveau Nouvel Espoir]

han solo chewie

Il y a dix ans sortait La Revanche des Sith, troisième et ultime volet d’une prélogie qui avait déçu beaucoup de fans. Ce dernier film en date avait cependant rehaussé le niveau des précédents en faisant de cet épisode de transition un chaos émotionnel à l’image des bouleversements subis par son personnage phare, Anakin Skywalker. Entre temps, Disney a mis la main sur la saga et confié le lancement d’une nouvelle trilogie à JJ Abrams, metteur en scène respecté des fans et respectueux des franchises qu’on lui avait déjà confiées. Verdict sans spoiler.

Un nouveau nouvel espoir

A peu de choses près, Le Réveil de la Force suit le même schéma narratif que celui de l’épisode IV (Un nouvel espoir, sorti en 1977), donnant sans surprise l’impression de n’exister que pour planter le décor de cette nouvelle trilogie. De nombreux paysages rappellent des planètes déjà explorées au cours de la saga, et Abrams multiplie les clins d’œil -qui manquent parfois de subtilité- au spectateur. Mais l’homme qui ranima Star Trek peut aussi se targuer d’avoir insufflé l’énergie juvénile nécessaire à l’envol d’une nouvelle génération, avec quelques nouveaux personnages principaux pour la plupart attachants et complémentaires des têtes déjà connues. Derrière eux, une flopée de personnages secondaires intéressants traversent le film, le maître de cérémonie étant évidemment Kylo Ren, méchant fascinant terrifié à l’idée de ne pas être à la hauteur de son mentor et dissimulant de profondes blessures.

Inutile de rappeler la pression à laquelle Abrams a dû faire face durant l’attente interminable des fans. Ce qui en ressort dans le film est un sentiment de retenue d’autant plus frustrant que l’on sait qu’Abrams ne sera pas aux commandes des prochains épisodes. La virtuosité de sa mise en scène (le film et sa 3D sont visuellement irréprochables) est bien présente, mais le film, comme chaque Star Wars de la trilogie originale, dépasse son auteur. L’aventure commence à peine et l’idée que le jouet lui glisse des mains chagrine un peu. On se dit que peut-être, JJ Abrams méritait un épisode postérieur à cette mise en route tranquille. Le réalisateur livre toutefois un film de grande qualité, qui jongle habilement entre les univers visuels des deux trilogies précédentes, sans cacher une nette tendance à se ranger du côté des épisodes IV, V et VI. Les préoccupations politiques verbeuses contre lesquelles pestaient les détracteurs de la prélogie seront ravis de retrouver un pur cinéma d’aventure, qui favorise l’action et la pyrotechnie de la vieille école à la précision -qui manque parfois- concernant l’évolution des différentes institutions depuis Le Retour du Jedi et les origines obscures du Premier Ordre (l’héritage de l’Empire).

Ces imprécisions ponctuent le film et se révèlent parfois désagréables lorsqu’elles relèvent réellement du trou noir scénaristique. Les plumes à l’origine de ce septième épisode se permettent quelques raccourcis parfois trop évidents. On se demande à plusieurs reprises pourquoi tel accessoire atterrit dans les mains de tel personnage, pourquoi tel personnage est relié à un autre…La dimension symbolique et la référence alourdissent aussi certaines séquences qui se seraient passées de fan service (voir l’interminable mouvement final, filmé sous tous les angles possibles).

Pourtant, on sourit presque tout du long et on sort de la salle euphorique. Si le pari est gagné, c’est parce que Star Wars Episode VII parvient à déclencher la nostalgie autant que l’enthousiasme, en appelant trois générations avec le même entrain. Le film pense à tout le monde et excelle sur tous les terrains du divertissement, sans jamais oublier ce qui fait le sel de la saga: la complicité avec le spectateur – celui d’il y a quarante ans et celui d’aujourd’hui. Malgré tous ses petits défauts d’écriture, cet épisode est indéniablement à ranger parmi les meilleurs blockbusters de l’année, fort d’une facture impeccable et d’une générosité sans limites.

Son succès tient aussi et surtout au talent de JJ Abrams. Parce qu’il sait comment faire entrer Harrison Ford dans le cadre pour faire bondir le spectateur sur son siège. Parce qu’il sait filmer les courses-poursuites terrestres et spatiales avec la même aisance déconcertante. Parce qu’il est tout simplement l’un des plus grands entertainers du cinéma hollywoodien actuel. Abrams a sans doute fait le meilleur Star Wars 7 possible dans les conditions qui lui ont été imposées, et bien que l’on perçoive parfois sa mise en retrait, le spectacle demeure grandiose et tient en haleine pendant 2h15.

Si le choix de Rian Johnson pour piloter l’épisode VIII laisse perplexe, Colin Trevorrow a prouvé avec Jurassic World qu’il avait les épaules pour ajouter sa pierre à l’édifice d’une franchise majeure. Que la force soit avec eux…

Thomas Manceau

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