REVIEW: Le Voyage d’Arlo, de Peter Sohn

Le Voyage d’Arlo

[un émerveillement permanent]

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Difficile de passer après le chef-d’œuvre qu’était Vice Versa, précédente sortie de Pixar ayant conquis la critique et le public cet été. Pourtant, Le Voyage d’Arlo est un nouveau bijou qui se situe sur un autre versant du studio à la lampe: si Vice Versa brillait de son intelligent regard sur l’enfance -chose récurrente chez Pixar-, Le Voyage d’Arlo recourt de façon plus spontanée à une forme d’humour ingénieuse, souvent sans dialogue, et à la plastique fabuleuse que Vice Versa avait mise de côté.

Après la courte introduction de l’astéroïde évitant la Terre, le film démarre sur le quotidien de dinosaures ayant évolué à la place des hommes, gérant les récoltes de leur propre ferme avec leurs méthodes singulières (creuser les sillons avec la tête, arroser les champs en crachant de grands jets d’eau). L’émotion affleure dès l’une des premières scènes qui voit naître trois petits dinosaures verts: deux costauds chahuteurs à peine moins gros que leurs coquilles, et un troisième aussi attendrissant que maladroit et apeuré. C’est pourtant ce dernier qui, emporté un soir par la rivière au cours d’une tempête, prendra part à un voyage extraordinaire dans les contrées éloignées de la ferme familiale, accompagné d’un drôle d’enfant sauvage.

L’animation est un émerveillement permanent, tant dans la conception des décors somptueux que dans la précision des mouvements qui fait retrouver à Pixar un génie fondé sur l’ingéniosité des situations, des positions et des interactions des personnages dans le plan. Frénétique mais toujours fluide, la réalisation de Peter Sohn -à l’origine de Passages Nuageux, déjà chez Pixar en 2009- est virtuose.

Il est amusant de constater que Pixar revient à un cinéma d’animation plus primitif par le biais d’une histoire préhistorique. Si les dinosaures personnifiés -rappelant la saga Le Petit Dinosaure– sont toujours des figures évidentes de la famille et de l’amitié au service de l’exaltation des valeurs de partage et de fraternité, Le Voyage d’Arlo est avant tout écrit comme un grand film d’aventures captivant de bout en bout. Tour à tour drôle, émouvant et palpitant, le scénario est extrêmement généreux, passant avec aisance de la pure poésie -les champs illuminés par des insectes nocturnes fluorescents- aux clins d’œil -en rejouant Jurassic Park lorsque des raptors à plumes attaquent un trio de tyrannosaures- en passant par la maîtrise impressionnante de variations de ton et de rythme.

Par ailleurs, si le film s’avère moins chargé de réflexion et de qualités introspectives, l’histoire du tandem de personnages principaux est magnifique et réserve quelques très beaux moments non dénués de sagesse. Même après les sommets que représentaient Toy Story 3 et Vice Versa, on peut ressortir la larme à l’œil du Voyage d’Arlo, qui s’aventure certainement sur des sentiers plus balisés, mais n’en demeure pas moins bouleversant de sincérité.

Thomas Manceau

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