REVIEW: Knock Knock, de Eli Roth

Knock Knock

[home inferno]

Knock-Knock 2

Dans Knock Knock, Keanu Reeves incarne un père de famille ordinaire, astreint à passer un week-end à plancher sur un projet architectural, seul à la maison, loin de sa femme et de ses deux enfants partis pour un séjour à la plage. Lorsque deux jeunes filles perdues frappent à sa porte en pleine nuit, il ne se doute pas que son week-end de la Fête des Pères est sur le point de virer au cauchemar…

Le dernier film d’Eli Roth -à qui l’on devait déjà Cabin Fever et Hostel– est un petit défouloir où se mêlent violence et érotisme, au sein duquel pointe également un sens aiguisé de la dérision.

La première partie du film dévoile un Eli Roth plus subtile et imprévisible qu’à son habitude, tissant une inquiétante toile de dialogues sur laquelle rampent les deux jeunes filles salivant autour d’un Keanu Reeves qui ne sait plus où se mettre. Rapidement dépossédé de sa propre maison, l’innocent père de famille tente maladroitement d’échapper à l’emprise de ses deux invitées-surprise qui se font de plus en plus intrusives et oppressantes. Il esquive leurs caresses, contourne leurs questions gênantes, tente plusieurs diversions, mais succombe à un jeu de séduction fatal.

Alors, le film bascule dans un home invasion movie où se télescopent la jeunesse sans limites de Spring Breakers, la perversité de Hard Candy et la cruauté de Funny Games. Délaissant la subtilité du suspense psychologique au profit d’une purge interminable ponctuée d’ironie, Eli Roth opte pour l’efficacité d’un spectacle horrifique sans grande ambition mais réservant quelques moments jubilatoires. Keanu Reeves vocifère contre les deux ados incontrôlables, tandis que Roth laisse planer sa caméra au-dessus d’un capharnaüm de lendemain de soirée maculé de sang et de maquillage.

La famille de l’hôte n’est jamais très loin, dans les cadres photo accrochés au mur, dans le répertoire téléphonique ou à travers les applications de la tablette tactile…mais qu’il soit bâillonné ou soumis au chantage de ses ravisseuses, l’homme n’a évidemment jamais l’opportunité de leur faire parvenir ses appels au secours.

Les traces du vandalisme des jeunes filles ainsi que l’érotisme dont sont empreintes la plupart des séquences donnent au film une allure de grosse soirée ayant mal tourné, dont les événements les moins reluisants finissent inévitablement affichés sur les réseaux sociaux, souvenirs aussi confus qu’ineffaçables, mais non-dénués d’ironie. Et merde, si seulement j’avais pas ouvert.

Une réplique légère et un morceau bien choisi achèvent ce film d’horreur en forme de mauvaise plaisanterie qui s’avère être un sympathique amuse-gueule avant le très attendu Green Inferno qui sortira le 16 octobre prochain en e-cinéma.

Thomas Manceau

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s