REVIEW: Frances Ha, de Noah Baumbach

Frances Ha

[de Truffaut à Allen]

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Tout d’abord, pour ce film en noir et blanc il faut commencer par souligner le travail exceptionnel du directeur de la photographie Sam Levy.

A New York, Frances, une jeune danseuse donne des cours dans l’école où elle n’est que doublure. En colocation avec sa meilleure amie Sophie, sa vie se chamboule lorsque cette dernière s’en va. Débute alors les péripéties new-yorkaise de Frances, la galère et le mouvement d’une trentenaire qui cherche à prendre ses marques et croquer dans la grande pomme.

Frances Ha prend le souffle d’une nouvelle vague avec la verve citadine d’un « Manhattan », l’angoisse de l’entrée dans l’âge adulte et les difficultés amoureuses, bref, entre François Truffaut et Woody Allen.

Tournée en noir et blanc dans les rues et les appartements New Yorkais, ce qui pourrait n’être qu’une comédie romantique du label « film indépendant américain » réussit à trouver ses marques, et ce, grâce à l’interprétation de Greta Gerwig, à la fois physique et mélancolique, dans une nonchalance et une grâce troublante.

La thématique du film : cet éternel recherche d’un chez soi, d’un corps, d’une vie ; tout cela dans une ville et un mouvement qui nous échappe, donne au film une vitalité et une énergie qui en fait bien plus qu’une comédie de jeux de mots mis bout à bout ou de situations vues mille fois (comme la comédie américaine s’obstine à nous montrer depuis presque 5 ans).

Toutefois, la réserve que j’aurais (et ce sera la seule) concerne le jeu de citations d’un film qui cherche sa forme esthétique dans un cinéma de lecture et de relecture, présenté dans les années 60 par Truffaut, dans les années 70 par Allen, et dans les années 80 par Carax. Ces différentes reprises donne un sentiment de recherche formelle qui ne s’affirme pas de la part d’un réalisateur qui convoque et salue ses influences. Au delà de la joie cinéphage, il se pourrait que Frances Ha perde de sa spontanéité dans ces salutations cinéphiliques, parfois trop appuyées mais parfois revigorantes.

Un film comme celui-ci, dans les conditions de la production cinématographique actuelle se doit d’être soutenu.

Théo Martineaud

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