REVIEW: Ex-Drummer, de Koen Mortier

Ex-Drummer

[déviant]

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Ex Drummer porte en lui un comique parfois gras et cinglant, c’est un comique du gras tragique, ou du moins pour les personnages. Trois handicapés marginaux qui décident d’aller voir un écrivain à succès pour monter un groupe de rock (du moins c’est comme ça que la diégèse nous le présente).

Porté par une couleur et un « récit » qui se situerait à mi-chemin entre Trainspotting  de Danny Boyle et Irréversible de Gaspar Noé. Et je trouve qu’il y a quelques ficelles à tirer de cette comparaison, commençons par Irréversible.

Dans ce film de G.Noé, il y a ce qu’on appelle une antechronologie (on remonte les événements du film de la fin au début) avec une caméra 16mm permettant une grande liberté de mouvement. Dans Ex-Drummer, la liberté et l’audace de la mise-en-scène, s’approche de la caméra mouvementée de Noé notamment dans les scènes de l’appartement renversé, où la mise en scène vient traduire une forme de folie chez le personnage.

Ensuite vient un autre aspect, l’aspect littéraire, le récit et le parallèle à faire avec Trainspotting de Danny Boyle. Par delà l’histoire des personnages dans les deux films : des paumés marginaux. N’oublions pas que Trainspotting est tiré d’un roman d’Irwine Welsh, et que dans notre film le héros principal Dries est écrivain avant d’être musicien. Ce qui est intéressant ici, c’est d’avoir devant nous un comique de degré qu’il ne faut pas perdre. Car, loin de moi l’idée de vous spoiler le film mais … en fait si un peu quand même.

Car, à la sortie du film une lecture du film s’impose à nous. Le générique de début pourrait vous installer dans une forme de projection littéraire, propice au développement fantasmagorique, à la fois surprenant et tragique. Après tout, les personnages au début n’apparaissent-ils pas avec leur noms sur le front, comme pour désigner le rôle et les attributs d’un personnage après l’avoir nommé.

Ces teintes de mythes contemporains et d’ handicaps, participent tous au développement littéraire et saugrenu du récit. C’est dans ce cas de figure, que le générique d’introduction, entièrement ante-chronologique par le « rembobinage » nous pousse dans ce qui pourrait être un sujet sous-jacent du film : C’est à dire une projection de différent types de sexualités (la plupart considérées comme déviantes) d’un écrivain bourgeois qui s’emmerde et qui rêve par écrit, une projection mentale qui devient notre cadre fictionnel avec tout ce que comporte le fantasme, de tragique et de merveilleux, d’inavouable, de dégueulasse, d’immonde, de sublime, de poétique, car dans le fond on aime bien voir ça, sinon nous n’irions pas au cinéma.

Théo Martineaud

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